Le transport de terre profite à toute la population de l'île Version imprimable
Par Pierre Vigneault
Le Magazine, L'Hebdo de L'Ile-Des-Soeurs

Article mis en ligne le 2 novembre 2006

En lisant ce titre, certains résidants du quartier L'Île-des-Soeurs ont sans doute sursauté, car on remarque bien plus les inconvénients du transport de terre que ses avantages. Pourtant, cette opération n'est pas seulement utile aux promoteurs; elle est essentielle au bien-être de l'ensemble de la population de l'île.

 

Pour en arriver à cette conclusion, il faut d'abord comprendre pourquoi ce transport de terre est nécessaire et pour cela, on doit connaître la petite histoire récente de l'île des Soeurs. On peut cependant résumer ce point de vue en rappelant que le sol, sur la pointe sud, est contaminé et qu'il faut le recouvrir d'une couche suffisante de terre propre. Ce n'est pas seulement pour le développement que l'on doit procéder à cette opération, mais également pour empêcher que cette contamination affecte la qualité de vie des résidants des autres secteurs. C'est du moins l'opinion du conseiller Marc Touchette, qui habite l'île depuis plusieurs décennies et qui a dressé un historique des événements qui ont conduit à la situation actuelle. Le texte qui suit résume l'essentiel de son analyse.

 
Des matériaux contaminés
M. Touchette rappelle que le problème de la terre contaminée origine du début des années 60, alors que la superficie de l'île des Soeurs avait été approximativement doublée. On avait alors rempli l'espace entre les petits îlots qui entouraient l'île avec des matériaux extraits du sous-sol montréalais pour la construction de la phase initiale du Métro de Montréal et pour la construction de l'autoroute Décarie.
À cette époque, les notions d'écologie, d'environnement et de pollution étaient quasi inexistantes et n'ont commencé à être sérieusement considérées qu'au milieu des années 70. Il est donc difficile de blâmer ceux qui étaient là dans le temps ou de leur imputer une responsabilité.

Aujourd'hui, on peut considérer que près de 50 % de l'île est recouverte de cette terre contaminée et le problème ne peut plus être ignoré. Il n'est donc pas question de laisser perdurer cette situation qui affecte toute la population de ce quartier. La solution exigée par le Ministère de l'Environnement et du développement durable (MEDD) est d'ajouter un mètre de terre propre pour recouvrir les étendues de terre contaminée. Que ces sols demeurent parc, golf ou projet résidentiel, l'exigence de recouvrement est la même.

«Il faut savoir, explique M. Touchette, que cette terre contaminée constitue un risque ou une nuisance pour l'ensemble des insulaires. Ceux qui marchent dans les zones non développées de la pointe sud la remuent et facilitent son envol, par le vent; ils en ramènent via leurs semelles à divers endroits de l'île, sur leur tapis de voiture, etc. L'île est souvent balayée de grands vents et les gens qui se trouvent alors dans le secteur du golf, du lac des Battures ou du futur projet résidentiel de la Pointe-Sud témoignent que des nuages de cette terre contaminée s'envolent et vont atterrir un peu partout. On en retrouve autour du lac, dans la forêt protégée, dans le Domaine de la Forêt, dans les secteurs du Club Marin et du projet L'Isle, sur la Pointe Sud...»
 
Une seule option
À court ou à moyen terme, il fallait donc procéder au recouvrement du sol contaminé par une couche d'un mètre de terre propre. Les élus et les fonctionnaires de l'arrondissement ont donc cherché des solutions pour que le transport de terre soit fait hors des routes ou des quartiers résidentiels, mais sans succès. Les diverses options envisagées étaient inacceptables pour le MEDD, en raison des dangers ou de la perturbation pour l'environnement affecté.
La seule mesure acceptable est donc le transport par laroute. Et le secteur de la Pointe-Sud, lors des premières études, s'estavéré le seul choix direct et possible. D'où le fait que, depuis mai 2006, les camions de transport de terre ont exclusivement empruntécette voie à l'aller et au retour.

On connaît la suite : le mécontentement légitime des gens de la Pointe-Suds'est vite manifesté. Une étude plus poussée, suite à leurs demandes, apermis de trouver une solution qui partagerait le passage des camionsentre deux routes, une à l'arrivée des camions et l'autre, à leurretour, après avoir traversé le terrain du futur golf.

Le nouveau trajet d'entrée passe par le boulevard de la Forêt et il sera utilisé jusqu'à la fin du mois d'avril, date à laquelle la situation sera réévaluée. On estime que l'impact sera moins important, car la période de l'hiver est celle où les gens sont moins friands d'activités extérieures, sur leur terrain ou sur leur terrasse. Les fenêtres sont rarement ouvertes, durant cette saison et la poussière sera faible car les camions arrivent sur l'île en passant par des voies entièrement pavées.

Le conseiller Touchette reconnaît que le trajet via Le Domaine de la forêt causera certains désagréments aux gens de cesecteur, mais, au moins. il n'y a aucune propriété en façade directesur la voie empruntée par les camions.

En conclusion de son analyse, il adresse ce message, à ses concitoyens et voisins du quartier L'Île-des-Soeurs : «Dans quelques mois, tous les insulaires oublieront cette période plus difficile pour plutôt célébrer la nouvelle qualité de l'environnement à L'Île-des-Sœurs. Ma famille et moi, qui verrons aussi les camions passer dans notre cour, ne penserons plus à ces moments moins agréables, mais comme tous les insulaires, reconnaîtrons que nous avons accompli une mission essentielle, incontournable pour nous, les insulaires actuels, mais aussi pour les générations qui suivent. Nous aurons également un bien plus grand plaisir et un sentiment de sécurité et de devoir accompli à chaque fois que nous foulerons le sol de ces magnifiques espaces ou à chaque fois qu'un fort vent s'élèvera sur L'Île-des-Sœurs».
 
 

Cette photo donne un aperçu de l’état de l’île, à la suite des travaux de remblai qui y ont été réalisés.

 
 

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